Séries

Du terrorisme à l'autisme

Touch : après 24, le retour poussif de Kiefer Sutherland à la télé

Delphine RIVET
Mots-clés : Touch, Kiefer Sutherland, Tim Kring

Diffusé hier après le très fédérateur American Idol sur la Fox, le pilote de Touch, série créée par Tim Kring, le papa de Heroes, signait le grand retour sur nos petits écrans de Kiefer Sutherland. Après avoir cassé du terroriste au p’tit dèj dans 24 Heures Chrono, le comédien incarne ici un père célibataire qui a du mal à joindre les deux bouts et qui ne parvient pas communiquer avec son fils autiste. Rien. Nada. Si les émotions sont bel et bien au rendez-vous, qu’en est-il du reste ?

Depuis la mort de son épouse, tuée lors des attaques du World Trade Center, Martin Bohm élève seul son fils autiste de 11 ans, Jake. Le garçon, après une énième fugue, attire l’attention des services sociaux qui ont vite fait de venir demander des comptes à ce père au bout du rouleau. Jake, qui n’a jamais prononcé un mot dans sa courte vie, est obsédé par une suite chiffres, d’apparence aléatoire. Des gribouillis par ci, des téléphones portables par là... et si tout était lié ?

La suite de Fibonacci a bon dos

Touch est un drama qui nous promet un mélange savamment dosé entre émotion, courses contre la montre et éléments scientifico-fantastiques. Dans la peau du père au bord de la crise de nerfs et désespérément en demande de contact humain, Kiefer Sutherland joue son rôle à la perfection. Et, si pour l’instant on n’a vu Danny Glover que quelques minutes, on peut d’ores et déjà se réjouir de sa présence au générique. Rien à redire jusqu’ici, Touch est émouvante, même si l’on a parfois la désagréable impression que Tim Kring tente de nous extirper des larmes de force. Mais ne nous plaignons pas trop, même un trop plein de tendresse, c’est toujours ça de gagné !

Là où l’on est moins conciliants, en revanche, c’est lorsque Kring sort ses gros sabots pour nous marteler, de façon X ou Y, que oui, tout le monde est connecté et que la destinée n’est qu’une immense équation mathématique. Ou, plus précisément (coucou les matheux !), une suite de Fibonacci. La théorie de l’effet papillon était d’ailleurs au cœur de la série Heroes, plutôt bien foutue à ses débuts mais qui a fini la tête sous l’eau, noyée dans des intrigues sans queue ni tête.

Tim Kring avait usé le filon jusqu’à la moelle. Hélas, pour le cas de Touch, de sérieux défauts dans l’écriture transpirent dès ce pilote. Les connexions entre les personnes, situées aux quatre coins du globe, sont ultra tirées par les cheveux. Des grosses ficelles qui, à l’écran, nous sautent au visage. Le scénariste oublie de s’effacer du schéma en arrangeant ces rencontres à sa sauce.

Parce que oui, pour faire le rapprochement, bien pratique au demeurant, entre un anglais qui perd son téléphone, une aspirante popstar, et un petit kamikaze prêt à se faire sauter en plein jour de marché, il ne faut pas y aller avec le dos de la cuiller.

En somme, Touch parviendrait à nous toucher (fallait bien la faire celle-là !) si elle ne s’embourbait pas dans des théories abracadabrantesques qui trahissent l’intervention du scénariste omniscient et omnipotent. Reste une mythologie qui se dessine à l’horizon, et qui devrait faire chauffer les cerveaux des internautes comme Lost avait pu le faire avec sa mystérieuse combinaison de chiffres.

Aucune date de diffusion n'a pour l'instant été arrêtée, mais selon la Fox, la suite de Touch devrait arriver dès le mois de mars.

 

Zone critique