Lancés d’abord pour des productions indépendantes, les motion comics n’ont véritablement été popularisés que lorsque Marvel et DC s’y sont intéressé. Astonishing X-Men, Batman, Watchmen… Tous ont eu droit à leur adaptation dans ce format si particulier, à mi-chemin entre la BD et le dessin animé. De l’animation 2D ou 3D et des effets spéciaux sont ajoutés à des planches fixes, afin de donner l’illusion du mouvement.
Musiques et voix (des doubleurs, qui remplacent les bulles) viennent compléter le tableau. Interrogé sur le développement des motion comics en 2009, le scénariste Brian Michael Bendis expliquait que "ce n’est pas de l’animation, ce n’est pas de la BD papier : c’est autre chose."
Le plus souvent, le motion comic sert d’outil de promotion et prend la forme de bandes-annonces pour de nouvelles BD , quand il ne s’agit pas tout simplement d’adaptations de titres déjà existants. Jusque-là restée en retrait, la France commence à s’emparer du sujet. A l’image du studio OnixyCréa@tion, qui depuis fin 2010 s’est lancée dans l’aventure des motion comics.
"Nous sommes pratiqument seuls sur ce créneau. C’est un nouveau marché qu’il faut creuser, assure le directeur, Sébastien Lalande. Mettre en place un produit qui n’existe pas encore dans son pays, c’est toujours compliqué. Mais Internet est de plus en plus présent et débarque même dans nos salons, via la télévision. C’est une niche mais cela va se développer. L’apparition de tablettes comme l’iPad sont tout à fait adaptées à ce que nous faisons."
Entre deux commandes d’éditeurs de bandes dessinées ou de mangas (Kazé, Kana…), la petite boîte installée près de Valenciennes a fait le pari de réaliser de A à Z un motion comic original. Nom de code : The Notorious.
"Chaque épisode emprunte autant qu’ils se moque des codes du comics américain et de la BD franco-belge", explique Sébastien. Cette web série est vendue par Ave!Comics qui se charge de la distribuer sur le net et sur smartphones ou tablettes. Bien loin des délais de production du dessin animé, il n’a fallu qu'un mois et demi de travail pour mettre en place les premiers épisodes.
"Une adaptation normale prend six à dix jours, ce qui est finalement assez peu." Malgré ces faibles coûts, certains se demandent quel peut être l’intérêt des motion comics face à la BD traditionnelle ou au dessin animé… "Tout est complémentaire. On ne met justement pas trop de 3D pour ne pas ressembler aux animés mais seulement ajouter de la profondeur. C’est un support différent, avec une patte graphique différente. En fait, c’est simplement une nouvelle façon de s’exprimer, de lire."










